Diversité des mondes
Je vis dans un monde double : le monde réel que, comme tout un chacun, je traverse avec plus ou moins de présence et le monde imaginaire qui revendique le maximum de place. J’ai toujours dans la tête des fictions en cours, des dialogues avec des personnages dont je sais qu’ils n’existent pas. Il ne s’agit pas ici du phénomène bien connu des « amis virtuels », ces personnages imaginaires avec lesquels tant d’enfants conversent jusqu’à l’adolescence ; je suis depuis longtemps sorti de l’adolescence et mes personnages sont beaucoup plus nombreux. Il ne s’agit pas non plus réellement de fictions...
Écrire
Dès lors que je pense avoir accédé à une certaine capacité à l'écriture, écrire ne m'intéresse plus.
Ce que je cherche alors c'est une autre voie, une autre issue à cette paranoïa de la mise en mots qui m'habite ou plus exactement de cette forme de schizophrénie que je vis dans le langage: surévaluation de son importance et, dans le même mouvement, désintérêt croissant… Dire et non dire… Envie absolue de dire et découragement absolu face à ce que, en fin de compte, l'écriture m'apporte bien que je sois partisan absolu de la gratuité de l'écrit, écrire pour rien, pour personne, sans que...
La fatigue
Baisser les bras… Souvent je baisse les bras. J'ai un millier de projets, des dizaines de milliers d'idées qui me traversent le cerveau et je n'en réalise aucun car au moment de me mettre au travail, de réaliser concrètement ce que tel projet — telle idée — implique je suis écrasé par un vertigineux sentiment d'inutilité, syndrome du "à quoi bon". A quoi bon écrire tel roman puisque de toutes façons je ne ferai pas ensuite l'effort nécessaire pour qu'il parvienne dans les mains de lecteurs éventuels, à quoi bon écrire pour ajouter mes élucubrations aux millions de pages déjà...
La déprime
Parfois je déprime… Sans raison apparente, je me lève la tête pleine d'un brouillard confus d'idées noires qui m'empêchent de penser et me mettent dans un état totalement dépressif. Il ne faut pas alors me parler, ni me demander ce que j'ai. Je n'en sais rien. La seule chose qui m'importe c'est que ça ne va pas, que tout est négatif, que je n'ai plus aucune raison de vivre, ni d'aimer, ni d'écrire, ni de faire quoi que ce soit. Le monde est grisâtre, sans formes, mou, il m'échappe dans tous les sens et je me sens désemparé. Si quelqu'un essaie alors de me consoler, de s'occuper de moi, il n'a...